Emigrée en France suite à mon mariage (d'origine Belge) je ne connaissais pas grand monde en dehors de ma belle famille et ce encore plusieurs années après mon arrivée.
D'un tempérament timide et réservé, je n'allais pas beaucoup vers les autres.
Pourtant, l'une des choses qui m'a touchée lors de mon arrivée en France mais surtout lors de la naissance de notre premier enfant c'était la misère qui m'entourait et qui touchait tout particulièrement les enfants. En effet, demeurant à proximité d'un quartier « difficile » je croisais souvent sur mon chemin des enfants, des familles vraiment très démunies et tant de pauvreté m'arrachait le c½ur et me révoltais car je veux croire que la vie d'un enfant est, et doit rester une joie profonde et sans ombre, et le manque de moyen ne saurait assombrir ce cadeau du ciel.
Au lycée, on me surnommait « l'avocate des causes perdues » car l'injustice me faisait horreur et m'insupportait, surtout celle qui touchait aux enfants et aux plus faibles.
Toujours à prendre la défense des autres, cela m'a valu bien des ennuis. Educatrice spécialisée j'aurais sans doute aussi pu être avocate, si la crainte de défendre des criminels ne m'avait retenue. LOL
Profondément croyante, pas tant pratiquante extérieurement mais plutôt dans ma vie quotidienne, ma foi m'a très souvent aidée et soutenue dans les nombreux moments difficiles dont mon enfance et mon adolescence ont été parsemés.
Mais parce que croire ne doit pas seulement vouloir dire prendre mais aussi savoir donner, je restais à l'écoute de ce qu'IL pouvait bien attendre de moi ici bas.
C'est alors qu'une petite phrase, une toute petite phrase a commencé à hanter mes pensées, mes jours, mes nuits, mes rêves même éveillés « donne du pain à celui qui a faim, donne un vêtement à celui qui n'en a pas »
Cette phrase je l'entendais à toutes les sauces, sans arrêt, comme une vague qui revient sans cesse vers la plage ensablée. Pas seulement dans ma tête mais également dans la bouche des autres, dans des émissions à la tv, des témoignages, ... bref sans cesse.
J'ai d'abord cru que je perdais la tête et ai tenté de me reprendre, me suis promis d'être plus « lucide et raisonnable » mais ceux qui sont croyants le savent bien, quand le Seigneur a un plan pour vous, il ne vous lâche pas !
Aussi, je dirais que le déclenchement de la naissance de l'association a été et l'appel que l'on me donnait comme une mission à accomplir, et l'absence de réponse à la question suivante :
« Comment faire pour bien accueillir un enfant lorsque l'on n'a même pas de quoi manger
chaque jour à sa faim ? »
Ma rage de l'injustice, et mon amour pour les enfants m'ont poussés en avant.
Car si la misère est difficile pour un adulte, elle est intolérable pour un enfant !
A partir de là, l'aventure a commencée.